Planter de la rhubarbe : réussir la plantation, l’entretien et la récolte

Rhubarbe en pleine terre avec feuilles vertes et tiges rouges, image illustrant une plante comestible du jardin
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Temps de lecture : 8 Minutes

La rhubarbe est l’une de mes plantes préférées au potager, non seulement pour son allure architecturale avec ses larges feuilles gaufrées, mais aussi pour sa générosité incroyable. C’est une vivace robuste qui, une fois bien installée, peut produire des bâtons savoureux pendant plus de dix ou quinze ans. Cependant, comme elle reste en place très longtemps, je ne saurais trop vous conseiller de ne pas négliger l’étape cruciale de la mise en terre. Un bon départ est le secret d’une récolte abondante et de tiges bien charnues.

Quand planter la rhubarbe ? Les meilleures périodes de l’année

Le timing est essentiel pour permettre au système racinaire, souvent appelé « souche » ou « rhizome », de s’ancrer profondément avant les premiers stress climatiques.

La plantation en automne pour un enracinement solide

Si vous me demandez quelle est la saison idéale, je vous répondrai sans hésiter : l’automne, entre octobre et novembre. À cette période, la terre est encore chaude des rayons de l’été, mais l’humidité revient. Planter à cette saison permet aux racines de se développer tranquillement durant l’hiver, sans avoir à soutenir la croissance de feuilles imposantes. Au printemps suivant, votre rhubarbe aura déjà une longueur d’avance et sera bien plus résistante à la sécheresse.

Planter au printemps : conseils pour les régions froides

Dans les régions où l’hiver est particulièrement rude avec des sols gorgés d’eau et gelés longtemps, je préconise plutôt une plantation printanière, en mars ou avril. L’idée est d’attendre que les fortes gelées soient passées mais d’agir avant que la plante ne démarre son cycle de végétation intense. Dans ce cas, soyez particulièrement vigilants sur l’arrosage durant le premier été, car le système racinaire sera encore superficiel au moment des premières chaleurs.

Respecter le calendrier lunaire pour le repiquage

Pour les jardiniers qui, comme moi, aiment travailler en harmonie avec les cycles naturels, sachez que la rhubarbe se plante de préférence en lune descendante. C’est le moment où la sève redescend vers les racines, favorisant ainsi une reprise rapide et solide. Choisissez idéalement un « jour feuilles » dans votre calendrier lunaire, puisque c’est le pétiole (la tige) que nous cherchons à favoriser par la suite.

PériodeAvantagesInconvénients
Automne (Oct-Nov)Meilleur enracinement, moins d’arrosage au démarrageRisque de pourriture en sol très lourd
Printemps (Mars-Avril)Évite les grands froids hivernauxSensibilité accrue à la sécheresse estivale

Choisir l’emplacement idéal dans votre potager

La rhubarbe est une plante « gourmande » et imposante. Une fois qu’elle a trouvé sa place, elle n’aime pas être déplacée, alors prenez le temps de bien réfléchir à son futur domicile.

Type de sol : une terre riche, fraîche et profonde

C’est ici que tout se joue. La rhubarbe déteste la médiocrité. Elle a besoin d’un sol riche en humus, profond et surtout qui reste frais durant l’été. Si votre terre est trop sablonneuse, elle séchera trop vite et la plante végétera. Si elle est trop calcaire, vous risquez de voir les feuilles jaunir. Je vous recommande d’enrichir massivement votre sol avec du vieux fumier ou un compost très mûr avant même d’envisager la plantation.

Exposition : soleil ou mi-ombre selon votre région

Le choix de l’exposition dépend énormément de votre climat local. Dans la moitié nord de la France, je vous suggère une exposition bien ensoleillée pour favoriser le développement des tiges. En revanche, si vous jardinez dans le sud ou dans une zone sujette aux canicules, la mi-ombre est préférable. Les larges feuilles de la rhubarbe transpirent énormément ; un soleil trop brûlant pourrait littéralement les « cuire » et stopper la croissance des bâtons.

Pourquoi éviter les zones de stagnation d’eau ?

S’il y a bien une chose que la rhubarbe redoute plus que tout, c’est l’asphyxie racinaire. Si vous la plantez dans une cuvette où l’eau stagne durant l’hiver, la souche va inévitablement pourrir. Je cherche toujours un endroit bien drainé. Si votre terrain est naturellement humide, n’hésitez pas à planter sur une légère butte pour que le collet de la plante soit toujours hors d’eau.

Jardinier agenouillé insérant un semis dans sol meuble, image illustrant la plantation de rhubarbe

Les étapes pas à pas pour bien planter la rhubarbe

Passons maintenant à la pratique. Voici comment je procède pour installer un plant dans les règles de l’art.

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Préparation du sol et apport de compost ou de fumier

Quelques semaines avant la plantation, je creuse un trou conséquent, environ 50 cm en tous sens. Je mélange la terre extraite avec une quantité généreuse de matière organique. Voici mes recommandations pour une terre parfaite :

  • Un apport de compost bien décomposé (environ 2 à 3 seaux par trou).
  • Une poignée de corne broyée ou de sang séché pour un apport d’azote longue durée.
  • Un peu de terreau de plantation si votre terre d’origine est trop lourde.

Distances de plantation : laisser de l’espace pour le développement des feuilles

Ne vous laissez pas tromper par la petite taille du plant que vous achetez. Une rhubarbe adulte peut atteindre 1,20 mètre d’envergure. Pour lui permettre de s’épanouir et pour faciliter votre passage lors de la récolte, je vous conseille de respecter une distance d’au moins 1 mètre entre chaque pied. Un espacement suffisant limite également les risques de maladies cryptogamiques (champignons) en permettant à l’air de circuler entre les feuilles.

Technique de mise en terre des éclats de souche ou des plants en pot

Si vous plantez un éclat de souche (une racine nue avec un bourgeon), veillez à ne pas l’enterrer trop profondément. Le bourgeon doit affleurer à la surface du sol, recouvert d’à peine 2 ou 3 cm de terre fine. Si vous utilisez un plant en pot, installez la motte de manière à ce que le haut de celle-ci soit au niveau du sol. Tassez légèrement avec les mains (pas avec les pieds, pour ne pas écraser les bourgeons fragiles) et terminez par un arrosage copieux, même s’il pleut.

Entretien et soins pour favoriser la croissance des tiges

Une fois plantée, la rhubarbe demande peu de travail, mais quelques gestes spécifiques font toute la différence entre un plant chétif et une touffe luxuriante.

Arrosage et paillage : maintenir l’humidité du pied en été

Comme je l’ai mentionné, la rhubarbe a soif. Pour éviter que la terre ne se dessèche, j’installe systématiquement un épais paillage organique au pied de mes plantes (paille, tontes de gazon sèches ou feuilles mortes). Ce paillis garde l’humidité et, en se décomposant, continue de nourrir le sol. En période de forte chaleur, n’attendez pas que les feuilles s’affaissent pour arroser ; un apport régulier est la clé de tiges tendres et peu fibreuses.

Fertilisation annuelle : nourrir cette plante gourmande

Chaque année, au début du printemps et après la dernière récolte de juin, je fais un apport de nourriture. La rhubarbe épuise vite les réserves du sol. Déposez simplement deux ou trois pelletées de compost au pied de la plante et griffez légèrement la surface pour l’incorporer. Cet apport de nutriments garantit une croissance vigoureuse pour la saison suivante.

Gestion de la floraison : pourquoi et comment couper les hampes florales ?

Il arrive souvent, surtout en cas de stress hydrique ou sur des plants âgés, que la rhubarbe produise une grande tige florale spectaculaire. Bien que ce soit joli, je vous recommande de la couper dès son apparition. La production de graines demande une énergie colossale à la plante au détriment de la production de bâtons. En supprimant la fleur, vous redirigez toute la sève vers les pétioles.

Division de la touffe : rajeunir le plant tous les 5 à 10 ans

Rhubarbe en pleine croissance dans jardin surélevé, image évoquant une plante comestible au feuillage abondant

Au bout de quelques années, vous remarquerez peut-être que les tiges deviennent plus fines et que le centre du pied semble s’épuiser. C’est le signal qu’il faut diviser la touffe. À l’automne ou en tout début de printemps :

  1. Déterrez soigneusement la souche entière avec une bêche.
  2. Tranchez-la nettement en deux ou trois morceaux à l’aide d’un fer de bêche tranchant.
  3. Assurez-vous que chaque morceau possède au moins un ou deux beaux bourgeons.
  4. Replantez immédiatement les éclats dans un nouvel emplacement enrichi.

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Récolte et précautions de consommation de la rhubarbe

La patience est la vertu du jardinier. Ne vous précipitez pas sur votre couteau dès la première année.

Quand et comment cueillir les premiers bâtons (pétioles) ?

Je conseille toujours de ne pas récolter la première année de plantation, et très peu la seconde. Cela permet à la souche de se fortifier. À partir de la troisième année, vous pouvez vous faire plaisir. Pour récolter, n’utilisez pas de couteau. Prenez la tige à sa base et effectuez un mouvement de torsion vers le bas, elle se détachera proprement. Cela évite de laisser un morceau de tige qui pourrait pourrir sur la souche.

La toxicité des feuilles : ce qu’il faut savoir pour votre sécurité

C’est un point capital : seules les tiges sont comestibles. Les feuilles de rhubarbe sont toxiques en raison de leur forte concentration en acide oxalique. Ne les consommez jamais et ne les donnez pas à vos animaux. En revanche, elles font d’excellents paillages ou peuvent être utilisées pour fabriquer un purin de rhubarbe, très efficace contre les pucerons.

Rythme de récolte pour ne pas épuiser la plante

Ne prélevez jamais toutes les tiges d’un seul coup. Je veille toujours à laisser au moins un tiers, voire la moitié des feuilles sur le pied pour qu’il puisse continuer à faire sa photosynthèse et reconstituer ses réserves. Arrêtez les récoltes majeures à la fin du mois de juin ou début juillet pour laisser la plante se reposer avant l’hiver, bien qu’une petite récolte légère soit possible en septembre si le pied est très vigoureux.


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Publié par Cassandre N.

Cassandre N.

Je suis Cassandre, passionnée par la décoration d'intérieur et l'art de transformer les espaces pour qu'ils reflètent à la fois personnalité et harmonie. À travers Nonah, je partage mes idées, astuces et inspirations pour sublimer chaque coin de votre maison, que vous aimiez les tendances minimalistes, bohèmes ou intemporelles. Mon objectif ? Vous accompagner dans la création d’un intérieur qui vous ressemble, où chaque détail compte. Quand je ne suis pas en train de chiner des objets uniques ou de réinventer une pièce, je me plonge dans les dernières tendances déco pour vous offrir le meilleur.

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