Comment installer une pompe de relevage : guide d’installation étape par étape

Pompe manuelle verte fixée sur socle béton dans jardin, symbole des solutions pratiques pour installer une pompe de relevage.
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Temps de lecture : 8 Minutes

Lorsque les eaux usées ou pluviales d’un logement se situent en dessous du niveau du réseau d’assainissement (sous-sol, cave, salle de bain enterrée, extension en contrebas…), l’évacuation par simple gravité devient impossible. La pompe de relevage – installée seule ou intégrée à une station de relevage complète – prend alors le relais pour refouler les effluents vers le réseau collecteur. Une installation mal réalisée est l’une des premières causes de pannes, de remontées d’odeurs ou de dégâts des eaux : voici comment procéder dans les règles de l’art.

Avant d’installer : comprendre le rôle et l’emplacement de la pompe

Avant tout achat de matériel, il est essentiel de bien cerner pourquoi et où la pompe doit être installée. Ce choix conditionne le dimensionnement de la cuve, la puissance du moteur et la longueur du réseau de refoulement.

Dans quels cas la pose d’une station de relevage est-elle obligatoire ?

La pose d’une pompe de relevage devient nécessaire dès que les points d’évacuation (WC, douche, lave-linge, évier) se trouvent à un niveau inférieur à celui de la canalisation publique ou du regard de collecte. C’est typiquement le cas :

  • d’un sous-sol ou d’une cave aménagée en pièce de vie ou en buanderie ;
  • d’un WC ou d’une salle de bain créés dans un niveau enterré ;
  • d’une extension de plain-pied construite en contrebas du réseau existant ;
  • d’un terrain plat ou en léger contre-pente où l’évacuation gravitaire ne peut pas se faire avec une pente suffisante (généralement 2 à 3 cm par mètre pour les eaux usées).

Dans ces situations, la réglementation sanitaire (règlement sanitaire départemental type et DTU 60.11 pour les canalisations d’évacuation) impose de recourir à un dispositif de relevage pour garantir une évacuation correcte et éviter tout reflux vers l’habitation.

Déterminer le bon emplacement pour le regard ou la cuve de stockage

L’emplacement de la cuve ou du regard de relevage doit être choisi avec soin :

  • Accessibilité : la cuve doit rester accessible pour l’entretien, le nettoyage et le remplacement éventuel de la pompe, sans devoir démonter une partie de la construction.
  • Point bas naturel : positionner la cuve au point le plus bas du réseau à évacuer, afin que toutes les canalisations arrivent par gravité jusqu’à elle.
  • Distance au réseau de refoulement : plus la distance et la hauteur à parcourir jusqu’au point de rejet (regard, réseau public, fosse) sont importantes, plus la pompe devra être puissante. Il faut donc anticiper le tracé de la conduite de refoulement dès la phase de conception.
  • Enterré ou en surface : pour une cave, on installe souvent une cuve enterrée sous le radier ; pour une buanderie ou un local technique, une station compacte posée au sol suffit généralement pour les eaux ménagères.

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Le matériel et les équipements indispensables avant les travaux

Une fois l’emplacement défini, il faut réunir l’outillage et les composants adaptés à la nature des effluents à relever (eaux claires, eaux ménagères ou eaux vannes/eaux usées avec matières).

L’outillage requis pour les raccordements hydrauliques et électriques

Pour une installation complète, prévoyez :

  • une pelle, une pioche et éventuellement un compacteur si la cuve doit être enterrée ;
  • un niveau à bulle ou un niveau laser pour vérifier l’horizontalité de la cuve et la pente des canalisations ;
  • une scie cloche et une scie à métaux pour percer la cuve et couper les tuyaux PVC ;
  • des colliers de serrage, joints et manchons de raccordement adaptés au diamètre des tuyaux ;
  • du ruban de téflon et de la colle PVC pour l’étanchéité des raccords filetés et collés ;
  • un tournevis, une pince à dénuder et un multimètre pour le branchement électrique ;
  • selon la puissance de la pompe, un disjoncteur différentiel dédié 30 mA et, le cas échéant, un coffret de commande ou une alarme de niveau.

Le choix du clapet anti-retour et du tuyau de refoulement adapté

Deux éléments sont déterminants pour la fiabilité de l’installation :

  • Le clapet anti-retour : placé juste après la pompe, sur la conduite de refoulement, il empêche l’eau de redescendre dans la cuve entre deux cycles de pompage. Il doit être choisi en fonction du diamètre de sortie de la pompe et adapté aux eaux chargées (clapet à passage intégral pour éviter les bouchons).
  • Le tuyau de refoulement : privilégier un tuyau en PVC pression ou en polyéthylène résistant, dont le diamètre correspond à celui préconisé par le fabricant de la pompe (généralement 32, 40 ou 50 mm selon le débit). Un diamètre trop faible augmente les pertes de charge et réduit le débit réel évacué.

Les étapes pas à pas pour poser une pompe de relevage

Une fois le matériel réuni, l’installation proprement dite se déroule en quatre grandes phases, à réaliser dans l’ordre pour éviter toute reprise de travaux.

Préparation du sol et mise en place de la cuve d’assainissement

Commencez par creuser une fosse aux dimensions de la cuve, en prévoyant une marge d’environ 15 à 20 cm sur les côtés pour le remblaiement. Le fond de fouille doit être stabilisé avec un lit de sable ou de gravier compacté d’une dizaine de centimètres, parfaitement de niveau : c’est cette assise qui garantit la stabilité de la cuve dans le temps et évite tout affaissement qui fragiliserait les raccords. Positionnez ensuite la cuve, vérifiez son horizontalité au niveau à bulle avant de commencer tout raccordement.

Installation extérieure avec tuyaux orange et bleus reliés à vannes, symbole des étapes pratiques pour installer une pompe de relevage.

Raccordement des canalisations d’arrivée et d’évacuation des eaux usées

Repérez sur la cuve les entrées prévues pour les canalisations d’arrivée (souvent pré-percées ou à percer à la scie cloche selon le modèle) et raccordez-les avec des manchons étanches. Respectez une pente minimale d’environ 2 % sur les tuyaux d’arrivée pour favoriser l’écoulement gravitaire jusqu’à la cuve. La sortie de refoulement, elle, part du corps de pompe vers le réseau d’évacuation final : elle doit être fixée solidement et positionnée pour limiter au maximum les coudes, chaque coude supplémentaire générant une perte de charge qui réduit les performances de la pompe.

Branchement électrique sécurisé et protection du moteur

Le raccordement électrique doit impérativement être réalisé sur un circuit dédié, protégé par un disjoncteur différentiel 30 mA, conformément à la norme NF C 15-100 applicable aux locaux humides. Le câble d’alimentation de la pompe ne doit comporter aucune épissure dans la partie immergée ou enterrée : toute jonction doit se faire dans un boîtier étanche placé hors d’eau. Si la pompe est équipée d’un coffret de commande, celui-ci doit être installé dans un endroit sec et accessible, à distance de la cuve. Pour les installations en local humide ou en extérieur, une prise étanche de type IP44 minimum est recommandée.

Pour approfondir : les conseils pratiques pour installer une douche extérieure

Installation et réglage du flotteur de niveau (interrupteur à flotteur)

Le flotteur commande automatiquement le démarrage et l’arrêt de la pompe en fonction du niveau d’eau dans la cuve. Il doit être fixé de façon à pouvoir se déplacer librement, sans venir buter contre les parois, les canalisations d’arrivée ou le corps de la pompe. Réglez la longueur de câble du flotteur pour définir les niveaux de déclenchement (marche) et d’arrêt (arrêt) souhaités : un débattement trop court entraînera des démarrages/arrêts trop fréquents qui useront prématurément le moteur, tandis qu’un débattement trop long risque de faire déborder la cuve avant le déclenchement du pompage.

Test de mise en service et contrôles d’étanchéité

Avant de considérer l’installation comme terminée, une phase de test rigoureuse permet de détecter les défauts avant qu’ils ne deviennent des pannes ou des dégâts des eaux.

Procéder à un essai d’évacuation à l’eau claire

Remplissez progressivement la cuve avec de l’eau claire, à l’aide d’un tuyau d’arrosage par exemple, en surveillant chaque raccord (arrivée, refoulement, passages de câbles) pour détecter d’éventuelles fuites. Ce test permet également de vérifier que le clapet anti-retour fonctionne correctement : après l’arrêt de la pompe, l’eau ne doit pas redescendre dans la cuve.

Vérifier le bon fonctionnement du déclenchement automatique et de l’alarme

Poursuivez le remplissage jusqu’au niveau de déclenchement du flotteur : la pompe doit démarrer automatiquement, évacuer l’eau, puis s’arrêter au niveau bas prévu. Répétez l’opération plusieurs fois pour vous assurer de la régularité des cycles. Si la cuve est équipée d’une alarme de niveau haut (recommandée pour les installations sensibles, notamment en sous-sol), testez-la également en simulant un niveau anormalement élevé, afin de vérifier qu’elle se déclenche bien avant tout risque de débordement.

Les pièges et erreurs à éviter lors de l’installation

Certaines erreurs, fréquentes mais évitables, compromettent durablement le bon fonctionnement d’une pompe de relevage.

Omettre la ventilation primaire (mise à l’air libre) du bassin

La cuve doit être raccordée à une ventilation primaire débouchant au-dessus des toitures, à l’image de celle d’une fosse septique. Cette mise à l’air libre évacue les gaz de fermentation et équilibre la pression dans le bassin ; son absence peut provoquer des remontées d’odeurs désagréables dans le logement, voire perturber l’écoulement des eaux par effet de dépression.

Négliger le diamètre du tuyau de sortie et la hauteur de refoulement

Sous-dimensionner le tuyau de refoulement par rapport aux préconisations du fabricant, ou sous-estimer la hauteur manométrique totale (hauteur géométrique + pertes de charge dues aux coudes et à la longueur du réseau), est une erreur classique qui se traduit par une pompe qui peine à évacuer les effluents, se met en sécurité thermique de façon répétée, ou s’use prématurément. Avant l’achat, il est indispensable de calculer précisément la hauteur manométrique totale (HMT) nécessaire et de choisir un modèle de pompe dont la courbe de performance couvre confortablement ce besoin, plutôt que de se contenter du minimum requis.


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Publié par Cassandre N.

Cassandre N.

Je suis Cassandre, passionnée par la décoration d'intérieur et l'art de transformer les espaces pour qu'ils reflètent à la fois personnalité et harmonie. À travers Nonah, je partage mes idées, astuces et inspirations pour sublimer chaque coin de votre maison, que vous aimiez les tendances minimalistes, bohèmes ou intemporelles. Mon objectif ? Vous accompagner dans la création d’un intérieur qui vous ressemble, où chaque détail compte. Quand je ne suis pas en train de chiner des objets uniques ou de réinventer une pièce, je me plonge dans les dernières tendances déco pour vous offrir le meilleur.

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